Fille de Bartholomé, forgeron de cœur et de caractère, Evelène a grandi dans la chaleur simple et honnête d’un foyer modeste. Rien dans son quotidien n’annonçait qu’elle deviendrait l’ancre de l’âme d’un autre — et pourtant.
Avec ses yeux de jade et ses nattes blondes flamboyantes, Evelène n’a pas besoin d’artifice pour marquer les esprits. Il y a en elle quelque chose de lumineux et d’entier, une vitalité franche qui transparaît dans chacun de ses gestes. Elle aime, elle rit, elle s’indigne — et elle ne fait rien à moitié.
Derrière son air enjoué et son autorité naturelle sur la maisonnée paternelle se cache une jeune femme d’une profonde sensibilité. Elle sait ce qu’elle veut, ce qu’elle ressent, et surtout, ce qu’elle mérite. Sa force n’est pas celle du bruit, mais celle des racines — silencieuse, tenace, impossibleà arracher.
Sa vie a croisé celle d’un garçon perdu, un enfant venu de nulle part et portant sur ses épaules bien plus qu’aucun enfant ne devrait. Ce qu’est devenu ce lien au fil des années, elle seule en mesure le poids. Et ce que lui a coûté chacune de leurs séparations, elle le porte sans que personne ne le voie vraiment.
Evelène Santerre n’est pas destinée à sauver le monde. Mais elle est, peut-être, l’unique endroit au monde où l’on peut encore se sentir chez soi.
